Au lieu de stopper l'épidémie lorsqu'il en était encore temps la DRASS et le département ont préféré fermer les yeux et attendre un hypothétique hiver sibérien pour tuer le fameux Aedes. C'est vrai que nos précédents hivers avaient pour habitude de tuer les moustiques...
Alors pour lutter contre ce moustique, l'Etat a sorti l'artillerie lourde de ce qu'on sait actuellement : il s'agirait de Fénitrothion et Téméphos.
Non seulement leur efficacité contre l'Aedes est loin d'avoir été prouvée mais les dégâts sur la faune et la flore commencent déjà à se faire sentir.
Ces produits tuent entres autres choses les endormies, les guêpes, les caméléons, les abeilles, les becs roses, certains poissons. Alors si ces produits font autant de dégâts quelles seront les conséquences sur les nappes fréatiques ? sur la santé de l'homme sur du moyen ou long terme ?
Sera t-il encore prudent de boire l'eau du robinet ou celle des bouteilles issues des productions locales ? Peut on nous garantir à 100% que nous ne boirons pas d'eau contenant du pesticide ? Sera t-il encore prudent de manger des fruits produits localement quand après avoir vaporiser les produits sur des pamplemousses ceux-ci sont devenus par la suite jaune (alors qu'ils sont encore très loin d'arriver à leur stade de maturation) ?
Enfin, qu'en sera t-il du nombre de cancers dans 5, 10 ou 20 ans ? Il n'y aura t-il pas une recrudescence due à l'inhalation de ces produits par la population ?
Alors qu'en droit français lorsqu'on parle d'autodéfense, il faut que la réponse soit proportionnée à l'attaque est-ce le cas en ce moment ? N'avez-vous pas l'impression qu'il pourrait exister des solutions moins dévastatrices pour notre écosystème et surtout pour nous ?
Alors pour lutter contre ce moustique, l'Etat a sorti l'artillerie lourde de ce qu'on sait actuellement : il s'agirait de Fénitrothion et Téméphos.
Non seulement leur efficacité contre l'Aedes est loin d'avoir été prouvée mais les dégâts sur la faune et la flore commencent déjà à se faire sentir.
Ces produits tuent entres autres choses les endormies, les guêpes, les caméléons, les abeilles, les becs roses, certains poissons. Alors si ces produits font autant de dégâts quelles seront les conséquences sur les nappes fréatiques ? sur la santé de l'homme sur du moyen ou long terme ?
Sera t-il encore prudent de boire l'eau du robinet ou celle des bouteilles issues des productions locales ? Peut on nous garantir à 100% que nous ne boirons pas d'eau contenant du pesticide ? Sera t-il encore prudent de manger des fruits produits localement quand après avoir vaporiser les produits sur des pamplemousses ceux-ci sont devenus par la suite jaune (alors qu'ils sont encore très loin d'arriver à leur stade de maturation) ?
Enfin, qu'en sera t-il du nombre de cancers dans 5, 10 ou 20 ans ? Il n'y aura t-il pas une recrudescence due à l'inhalation de ces produits par la population ?
Alors qu'en droit français lorsqu'on parle d'autodéfense, il faut que la réponse soit proportionnée à l'attaque est-ce le cas en ce moment ? N'avez-vous pas l'impression qu'il pourrait exister des solutions moins dévastatrices pour notre écosystème et surtout pour nous ?
Le déluge d'insecticides en tous genres délivré sur l'Ile de la Réunion département est inutile. Les larves de moustiques sont contaminées sur cinq générations. Les opérations de lutte
anti- vectorielle s'apparentent à “de la politique cosmétique”. René Le Berre, entomologiste de renommée internationale, met les pieds dans le plat dans une interview de l'agence de presse Destination Santé.
De quoi gamberger un peu !
Près de 160 000 cas sur l'Île de la Réunion, 1 173 à l'Île Maurice et 1 800 à Mayotte. Encore n'est-ce pas tout : le virus du chikungunya sévit également aux Seychelles et aux Comores.
Partout, des campagnes de démoustication sont à l'oeuvre. Un pis aller ? Les îles de l'océan Indien sont en quelque sorte peuplées par les moustiques, vecteurs de maladies que les spécialistes appellent des “arboviroses”. Dans un dossier de presse diffusé le 1er mars, le ministère de la Santé parle “d'effort massif en faveur de la démoustication”. Un moyen de lutte qui en réalité, serait voué à... l'inanité. C'est l'avis de René Le Berre, entomologiste de réputation internationale et ancien Inspecteur général de Recherche à l'Institut de Recherche pour le Développement (IRD). “Cela ne sert à rien. Car pour être efficace, il faudrait éliminer pratiquement tous les moustiques vecteurs. Ce qui est impossible ! Nous avions mené une expérience (dans ce sens) contre une autre parasitose transmise par insecte. Et même en éliminant 98% des vecteurs, il y avait encore beaucoup trop de cas.” D'autant plus que dans le cas d'Aedes Albopictus - le moustique vecteur du chikungunya -, l'infection “se transmet jusqu'à la cinquième génération. C'est-à dire que l'arrière arrière-petite-fille d'une femelle porteuse du virus n'aura même pas besoin d'avoir piqué quelqu'un pour être contaminée. Elle le sera de naissance. Elle pourra ainsi, dès le premier jour de son existence, transmettre un virus acquis de son arrière grand-mère.”
“Impossible de juger leur efficacité intrinsèque...”
Pour notre spécialiste, il est déjà trop tard. “Là on est en retard.
C'est de la politique cosmétique. Il faut montrer qu'on est là, agir (pour agir), donner de l'argent. Par exemple, le gouvernement va distribuer des répulsifs. Or dans un climat chaud et humide comme celui de la Réunion, ces produits ne vont agir que trois heures au maximum.” Il existe pourtant d'autres solutions.
Notamment celle de l'assèchement des gîtes larvaires qui sont pour la plupart domestiques. “La seule chose que l'on puisse faire et que l'on fait très bien d'ailleurs, c'est d'empêcher les moustiques de se développer. C'est-à-dire qu'il faut assécher tous les gîtes larvaires créés par l'homme.” Et sans doute aussi, mettre toute l'énergie possible dans la recherche thérapeutique ou vaccinale. Comme pour le paludisme. Mais c'est un investissement à moyen voire long terme. Ce réquisitoire prêterait à sourire si René Le Berre ne comptait pas au nombre des fondateurs de la prestigieuse École française d'entomologie médicale de l'IRD (Ndlr : IRD, ex-ORSTOM, Institut de recherche pour le développement). Et si encore, ces remarques ne recoupaient pas certains passages du rapport Duhamel, rédigé en décembre 2005 par des membres de l'IGAS, de l'IRD et de l'InVS, à la demande du préfet de région Laurent Cayrel. Ce rapport soulignait en page 25 : “Dans l'état actuel, il est très difficile de juger de l'efficacité des actions de lutte anti-vectorielle mises en place et ceci pour deux raisons ; en l'absence de données sur la sensibilité du vecteur Aedes albopictus vis-à-vis des insecticides utilisés, il est impossible de juger leur efficacité intrinsèque. En l'absence d'outil permettant le suivi des densités de vecteurs, il est impossible de juger de l'efficacité des traitements effectués. La surveillance entomologique - qui demande la mobilisation de moyens humains importants - qui avait été mise en place à partir d'octobre 2004 a dû être interrompue dès le début de l'épidémie faute de moyens humains suffisants, priorité ayant été donnée aux traitement...” En page 27 du rapport, s'agissant des insecticides employés et de la pertinence de la lutte chimique contre le fameux Aedes, il était écrit que “la sensibilité des populations d'Aedes albopictus vis-à-vis du Téméphos (Ndlr :
larvicide) et du Fénitrothion (Ndlr : adulticide) devra être évaluée de manière urgente...” On sait que depuis, polémique aidant, le Téméphos condamné à l'horizon septembre 2006 par la communauté européenne a été remplacé par le fameux BTI et que le Fénitrothion jugé un peu trop agressif, a cédé le terrain à des pyréthrinoïdes de synthèse... Mais comme dans l'absolu on n'a jamais su quel était l'état d'infestation de La Réunion à l'Aedes albopictus, pas plus que l'importance des populations de moustiques à traiter, il semble acquis que l'on soit en train de
“flytoxer” à l'aveuglette, à saturation... Ce qui a toutes les chances d'obérer l'efficacité éventuelle de telles méthodes, empiriques, en plein pic épidémique et au beau milieu de la saison cyclonique, synonyme de pullulation maximale des moustiques...
anti- vectorielle s'apparentent à “de la politique cosmétique”. René Le Berre, entomologiste de renommée internationale, met les pieds dans le plat dans une interview de l'agence de presse Destination Santé.
De quoi gamberger un peu !
Près de 160 000 cas sur l'Île de la Réunion, 1 173 à l'Île Maurice et 1 800 à Mayotte. Encore n'est-ce pas tout : le virus du chikungunya sévit également aux Seychelles et aux Comores.
Partout, des campagnes de démoustication sont à l'oeuvre. Un pis aller ? Les îles de l'océan Indien sont en quelque sorte peuplées par les moustiques, vecteurs de maladies que les spécialistes appellent des “arboviroses”. Dans un dossier de presse diffusé le 1er mars, le ministère de la Santé parle “d'effort massif en faveur de la démoustication”. Un moyen de lutte qui en réalité, serait voué à... l'inanité. C'est l'avis de René Le Berre, entomologiste de réputation internationale et ancien Inspecteur général de Recherche à l'Institut de Recherche pour le Développement (IRD). “Cela ne sert à rien. Car pour être efficace, il faudrait éliminer pratiquement tous les moustiques vecteurs. Ce qui est impossible ! Nous avions mené une expérience (dans ce sens) contre une autre parasitose transmise par insecte. Et même en éliminant 98% des vecteurs, il y avait encore beaucoup trop de cas.” D'autant plus que dans le cas d'Aedes Albopictus - le moustique vecteur du chikungunya -, l'infection “se transmet jusqu'à la cinquième génération. C'est-à dire que l'arrière arrière-petite-fille d'une femelle porteuse du virus n'aura même pas besoin d'avoir piqué quelqu'un pour être contaminée. Elle le sera de naissance. Elle pourra ainsi, dès le premier jour de son existence, transmettre un virus acquis de son arrière grand-mère.”
“Impossible de juger leur efficacité intrinsèque...”
Pour notre spécialiste, il est déjà trop tard. “Là on est en retard.
C'est de la politique cosmétique. Il faut montrer qu'on est là, agir (pour agir), donner de l'argent. Par exemple, le gouvernement va distribuer des répulsifs. Or dans un climat chaud et humide comme celui de la Réunion, ces produits ne vont agir que trois heures au maximum.” Il existe pourtant d'autres solutions.
Notamment celle de l'assèchement des gîtes larvaires qui sont pour la plupart domestiques. “La seule chose que l'on puisse faire et que l'on fait très bien d'ailleurs, c'est d'empêcher les moustiques de se développer. C'est-à-dire qu'il faut assécher tous les gîtes larvaires créés par l'homme.” Et sans doute aussi, mettre toute l'énergie possible dans la recherche thérapeutique ou vaccinale. Comme pour le paludisme. Mais c'est un investissement à moyen voire long terme. Ce réquisitoire prêterait à sourire si René Le Berre ne comptait pas au nombre des fondateurs de la prestigieuse École française d'entomologie médicale de l'IRD (Ndlr : IRD, ex-ORSTOM, Institut de recherche pour le développement). Et si encore, ces remarques ne recoupaient pas certains passages du rapport Duhamel, rédigé en décembre 2005 par des membres de l'IGAS, de l'IRD et de l'InVS, à la demande du préfet de région Laurent Cayrel. Ce rapport soulignait en page 25 : “Dans l'état actuel, il est très difficile de juger de l'efficacité des actions de lutte anti-vectorielle mises en place et ceci pour deux raisons ; en l'absence de données sur la sensibilité du vecteur Aedes albopictus vis-à-vis des insecticides utilisés, il est impossible de juger leur efficacité intrinsèque. En l'absence d'outil permettant le suivi des densités de vecteurs, il est impossible de juger de l'efficacité des traitements effectués. La surveillance entomologique - qui demande la mobilisation de moyens humains importants - qui avait été mise en place à partir d'octobre 2004 a dû être interrompue dès le début de l'épidémie faute de moyens humains suffisants, priorité ayant été donnée aux traitement...” En page 27 du rapport, s'agissant des insecticides employés et de la pertinence de la lutte chimique contre le fameux Aedes, il était écrit que “la sensibilité des populations d'Aedes albopictus vis-à-vis du Téméphos (Ndlr :
larvicide) et du Fénitrothion (Ndlr : adulticide) devra être évaluée de manière urgente...” On sait que depuis, polémique aidant, le Téméphos condamné à l'horizon septembre 2006 par la communauté européenne a été remplacé par le fameux BTI et que le Fénitrothion jugé un peu trop agressif, a cédé le terrain à des pyréthrinoïdes de synthèse... Mais comme dans l'absolu on n'a jamais su quel était l'état d'infestation de La Réunion à l'Aedes albopictus, pas plus que l'importance des populations de moustiques à traiter, il semble acquis que l'on soit en train de
“flytoxer” à l'aveuglette, à saturation... Ce qui a toutes les chances d'obérer l'efficacité éventuelle de telles méthodes, empiriques, en plein pic épidémique et au beau milieu de la saison cyclonique, synonyme de pullulation maximale des moustiques...